Exposition Vivre et mourir en Egypte

Vivre et mourir en Égypte. De la recherche scientifique à l’exposition

Jusqu’au 3 novembre 2024, le musée d’Aquitaine propose de partir à la rencontre des civilisations grecques et égyptiennes qui s’entremêlent à l’époque ptolémaïque. Cette exposition exceptionnelle tire son origine de l’ERC GESHAEM, porté par Marie-Pierre Chaufray, directrice d’études sur la chaire « Démotique » de l’EPHE - PSL.

 

Vivre et mourir en Égypte : au croisement des civilisations grecques et égyptiennes

 De la conquête d’Alexandre le Grand en 332 avant J.-C. jusqu’à la bataille d’Actium et au suicide de Cléopâtre VII en 30 av. J.-C., l’Égypte est dominée par une famille royale d’origine grecque. Cette époque dite ptolémaïque a longtemps été perçue, à tort, comme une simple mainmise grecque sur l’État et le peuple égyptien. 

À travers un parcours inédit, l’exposition du musée d’Aquitaine, « Vivre et mourir en Égypte », révèle le dialogue entre les cultures grecque et égyptienne dans les domaines de l’art, de la culture, mais aussi dans leurs pratiques religieuses et leur façon d’appréhender la mort.

 

Le fonds Jouguet à l’origine du projet d’exposition

À l’origine du projet d’exposition se trouvent des cartonnages découverts par Pierre Jouguet (1869-1949) dans le Fayoum. Il s’agit en fait de papyrus administratifs bilingues, en grec et en égyptien, recyclés pour fabriquer des décorations de momies. Aujourd’hui réparties entre l’Institut de Papyrologie de Lille et celui de la Sorbonne, une partie de ces œuvres est pour la première fois réunie et présentée au public dans le cadre de l’exposition du musée d’Aquitaine. 

Marie-Pierre Chaufray, directrice d’études à l’EPHE - PSL rattachée au laboratoire « Archéologie et Philologie d’Orient et d’Occident », et Raphaële Meffre, chargée de recherche CNRS au sein du laboratoire AOROC – UMR 8546, sont toutes les deux commissaires scientifiques de l’exposition. Elles étudient ces objets dans le programme ERC GESHAEM. Elles avaient pour projet une exposition sur la vingtaine de cartonnages conservés dans le fonds Jouguet avant d’envisager une présentation au sein d’une réflexion plus large grâce à la collaboration du musée d’Aquitaine.

 

Le processus de réemploi est expliqué dans une vidéo de médiation, réalisée grâce au mécénat de l’Institut Khéops et sélectionnée pour la 20ème édition du Festival International du Film Scientifique de Pariscience.

 

 

 

L’ERC GESHAEM

Lancé en 2018 et porté par Marie-Pierre Chaufray, GESHAEM est une initiative de recherche scientifique lauréate d’un ERC Starting Grant. 

Le projet se concentre sur l’étude des papyrus et cartonnages du fonds Jouguet en tant qu’objets à part entière. Leur caractère double constitue en effet une source d’informations très précieuse. Par leur caractère décoratif, les cartonnages apportent un éclairage sur les pratiques funéraires au début de l’époque ptolémaïque. Les textes des papyrus réemployés donnent de nouveaux éléments sur l’administration de l’Égypte lagide et l’implication des Égyptiens dans l’administration ptolémaïque au IIIe s. av. J.-C. Le remploi des papyrus pour fabriquer les cartonnages renseigne également sur la durée moyenne d'archivage des documents administratifs. 

L’exposition « Vivre et mourir en Égypte » intervient dans la dernière phase de l’ERC GESHAEM. Elle a également permis la réalisation d’un catalogue exceptionnel proposant une synthèse sur l’histoire politique, religieuse, économique et sociale de l’Égypte de 332 à 30 av. J.-C.